Durant trop de siècles, les femmes se sont occupées à être les muses des artistes. Tu auras sûrement lu dans mon journal que je voulais être une muse, que je voulais être la femme de l'artiste et, en réalité, j'essayais d'éviter la question finale, c'est à dire que j'avais à faire mon travail moi-même.(…) Notre culture encourage l'homme à devenir le grand médecin, le grand philosophe, le grand professeur, le grand écrivain. Tout est réellement planifié pour le pousser dans cette direction. Maintenant, on ne demande pas cela aux femmes. Dans ma famille comme probablement dans la tienne, on espérait simplement que je me marie, que je sois une épouse et que j'élève des enfants. Mais toutes les femmes n'ont pas de talent pour cela et, certaines fois, comme dit D.H. Lawrence avec raison : "Nous n'avons pas besoin d'enfants dans le monde, nous avons besoin d'espérance".Anaïs Nin
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mardi 25 août 2015
Tuesday self portrait
vendredi 21 août 2015
Le cabinet des rêves 241
Rêve : Je vais donner une conférence et je lis. J'ai beaucoup travaillé. Elle est écrite d'une manière exquise en français. Mais quand je me trouve en face du public, je me rends compte qu'il ne connaît pas le français et je tente de traduire ma conférence du mieux que je peux.
Je vais être stagiaire (ou travailler) dans une librairie.
La première fois que j'y vais, la librairie est fermée et plongée dans le noir, je ne fais rien, je regarde juste ma (future) collègue ranger dans les livres à l'étage.
La deuxième fois, je suis dans la rue à vélo avec elle et un autre employé.
Il pleut beaucoup.
Pendant que nous avançons, je leur demande de me rappeler le nom du quartier où nous allons.
Je connais ce nom mais je ne parviens pas à m'en souvenir et, quand ils me le disent, je sais que ce n'est pas cela : je ne le reconnais pas.
Nous arrivons à la librairie, soulagés parce que trempés.
La boutique est fermée mais nous allons y entrer nos vélos.
Le patron est dans l'entrée, il nous explique qu'il a fait très chaud, dernièrement : Ah la la ! qu'est-ce qu'il a fait chaud !
Sachant que les personnes qui m'accompagnent travaillent là et sont au courant, je pense que c'est à moi qu'il dit cela parce que, peut-être, il croit que je viens d'ailleurs.
Je réponds que je le sais, que j'ai subi cette chaleur moi aussi.
Mes collègues se tournent vers moi en me regardant comme s'il était entendu que je n'avais pas à ouvrir la bouche et que je viens de commettre un impair.
Je me sens gênée et pense que ça commence mal.
Rêve du 6 août 2015
samedi 8 août 2015
Nègre
de
soi-même
Ira Progoff, après avoir écrit quelques livres de valeur sur la psychologie et enseigné la psychologie profonde à la Drew University, a développé, en utilisant le journal intensif, une méthode singulière pour unifier la personnalité et réaliser efficacement une espèce d'auto-thérapie.(…) Le premier chapitre s'intitule "Le journal intime intensif comme instrument pour la vie". Ce qui suit est une série de propositions pour enregistrer nos expériences, souvenirs et rêves, comme des clés pour la compréhension de nos vies. Progoff nous offre des suggestions explicatives comme : "Décoller de la base de notre vie", "Liste des jalons de notre vie", "Registre de l'histoire de notre vie", "Carrefours : chemins pris, chemins pas pris", "Reconstruire notre autobiographie".(…) La fascination de cette méthode réside dans la découverte d'un ego dont nous ne savions pas qu'il était en nous. Un des obstacles pour ce voyage intérieur a été le manque de confiance des gens dans leur capacité à écrire. Mais Progoff l'a prévu et nous rappelle que "l'écriture quotidienne n'est pas un exercice de littérature : c'est un exercice de nos vies".Anaïs Nin
Il s'agirait de :
- Choisir un fait de notre passé relativement ancien qu'on est sûr d'avoir relaté dans un journal tenu à l'époque sans, toutefois, se souvenir de ce qu'on en avait dit.
- Ecrire dans le détail tout ce qui nous revient à la mémoire à propos de cet épisode.
- Relire le passage du journal intime.
- Mesurer l'écart.
(cet exercice n'a rien à voir avec Ira Progoff mais tout avec mon imagination)
mercredi 5 août 2015
Voyage autour d'une (autre) chambre. 10 : la sérendipité
C'est extraordinaire comment ce film a continué à se glisser dans ma vie des manières les plus inattendues. Ces dernières années, je me suis habitué à écouter de la musique d'ambiance -William Basinski, Stars of the Lid, ce genre de choses- pendant que je travaille (le bourdonnement, l'absence de rythme, m'aident à me concentrer).J'avais écouté le disque The tired sounds des Stars of the Lid une douzaine de fois et j'aimais toujours ce moment dans "Requiem for Dying Mothers, part 2" où un chien commençait à gémir. Je supposais que le chien se trouvait dans le studio et que les Lid avaient décidé de garder l'intrusion comme des choeurs canins fortuits. Plus tard, pendant que je l'écoutais pour écrire cette scène, je me suis rendu compte que les aboiements du chien étaient précédés d'une légère éraflure. J'ai écouté le passage encore une fois. Et une autre. Il n'y avait aucun doute, il n'y avait rien de hasardeux : les Lid avaient samplé l'aboiement avec lequel ce chien répondait au déplacement du verre sur la table ! *
Associer
cmd+c = copier
cmd+v = coller
J'aurais adoré ça, une assistance informatique pour supporter ma jeunesse. Envoyer des mails, y glisser des liens, plutôt que m'épuiser à attendre des lettres. Entrer le nom d'un groupe, d'un morceau sur un moteur de recherche, l'écouter ad libitum plutôt que devoir supporter toute la programmation médiocre d'une radio en patientant pour l'entendre à nouveau. Pouvoir lire un texte introuvable en PDF plutôt que d'écumer en vain les caisses des bouquinistes.
Pourtant, même si je n'ai aucune nostalgie du temps lent d'avant l'adsl, il n'y a ni frénésie ni téléphone mobile dans ma vie.
C'est pourquoi j'ai dû attendre d'être rentrée chez moi pour écouter sur internet le double concerto de Brahms dont Anaïs Nin dit dans son Journal que je lis en bord de mer, qu'il est en train de passer sur son gramophone.
Mais aussi, parce qu'elle fait allusion à Majorque en parlant du vent de Los Angeles, chercher sa relation avec l'île, apprendre qu'elle y a séjourné : à Deia
![]() |
| comme Robert Graves |
et qu'elle y a écrit un récit érotique.
*Le livre de Geoff Dyer, Zona : a book about a film about a journey to a room, un livre à propos du film Stalker de Tarkovski, est traduit en espagnol par Cruz Rodriguez Juiz et intitulé : Zona. Un libro sobre una película sobre un viaje a una habitación. C'est de l'espagnol que je fais une traduction libre.
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