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mercredi 14 août 2013

En continu

Quel est celui de nous qui n'a pas fait ce rêve égoïste de planter là un beau matin ses affaires, ses habitudes, ses connaissances et jusqu'à ses amis, pour aller dans quelque île enchantée vivre sans soucis, sans tracasseries, sans obligations et surtout sans journaux ? 
George Sand. Un hiver à Majorque.
On aurait tort de croire que j'ausculte le monde quand je lève la tête vers l'écran de la pastelaria. 
Non : 
j'admire les cravates du journaliste, 
je constate l'étendue de la garde-robe de la présentatrice. 

Et puis : 
tout le reste du jour, c'est du ciel
que je prends des nouvelles. 

samedi 27 juillet 2013

Une enquête sentimentale

Mise à part l'amitié qu'ils vous portent, vos amis ont-ils des points communs ?
Préférez-vous vivre dans une maison ou dans un appartement ? 
Dans ce cas, l'étage vous importe-t-il ?
Jeune, aviez-vous honte de vos parents ? Cela vous arrive-t-il encore ?
Avez-vous du mal à vous séparer des gens si vous ne savez pas quand vous les reverrez ?
Quel est le dernier livre qui vous a bouleversé ? 
Accordez-vous une grande importance à l'hygiène ?
Privilégiez-vous l'amour ou l'amitié ? 
Acceptez-vous de l'argent d'une personne dont vous savez qu'elle n'aura jamais aucune autre marque d'affection envers vous ?
Vous arrive-t-il de craindre de vous habiller vulgairement ?
Pensez-vous que vous aurez encore du charme quand vous serez âgé ?
Comment choisissez-vous les endroits où vous fixez vos rendez-vous ? 
Qu'est-ce qui pourrait vous empêcher d'habiter quelque part ?
Perdre des traces de moments vécus vous fait-il craindre d'en perdre la mémoire ?
(Merci, Sandrine et Sébastien : pour les enquêtes, les beaux jours et le lever de lune sur le Tage)

  Si vous aimez les enquêtes, il y en a d'autres ICI.

dimanche 14 juillet 2013

Le temps de pose

On dirait que le dimanche matin accroît le beau temps. Deux intensités hétéroclites se renforcent l'une l'autre. 
Roland Barthes. Journal 17 juillet 1977.
Près du fleuve je pense à l'autre fleuve.

Le pont de fil tremblait sous nos pas. J'allais en son milieu afin d'y ressentir mieux l'air
mais de l'air cet été-là il n'y en avait pas.
La nuit lui au grenier moi en bas mais quel que soit l'étage
le sommeil cet été-là n'existait pas.

Cette ville j'en rêvais quand j'écrivais son nom sur mes jeunes lettres sentimentales.
Et dix ans après : les petites pâtes en forme de lettres au lieu du riz sur le perron de la mairie.
Par deux fois lieu de mes amours, comment alors était né ce si grand désir de la fuir ?

Soudainement ? 
Progressivement ?
Les rues n'avaient plus eu de charme, nos pas n'avaient plus eu de but.
Nous attendions avec une incontinente impatience le temps du gros scotch marron.

De l'expérience nous fîmes une leçon et l'habitude nous vint de spéculer
Et après ?
Où ?
Quand ?
Sans cesser de faire grimper les bibliothèques sur les murs de nos maisons, nous nous tenions intimement prêts à tout ranger à nouveau dans des cartons.

Je partirai d'ici sans porteur, mes malles suivront.
Mais cette fois, je le sais, il n'y aura pas d'urgence à quitter le lieu où je vais aller (me) poser.

mercredi 5 juin 2013

after sunrise

Les ruelles que j'ai traversées dormaient encore, volets fermés, indifférentes aux belles promesses du jour.
Il n'y avait que quelques heures que nous l'avions quitté quand j'ai rejoint le Tage que la nuit avait lavé de la mélancolie du couchant. 
A nouveau, ma peau s'est parfumée d'embruns et le vent a chahuté mes boucles. 
J'ai laissé passer quelques convois maritimes avant de me lever. 
J'aurais -tout aussi bien- pu rester là toute la journée.