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mardi 27 octobre 2015

Tuesday self portrait

Mon métier est d'écrire et je le sais bien et depuis longtemps. J'espère qu'on ne m'interprète pas mal : je ne sais rien de la valeur de ce que je peux écrire. Je sais qu'écrire est mon métier. Quand je me mets à écrire, je me sens extraordinairement bien et j'évolue dans un élément qu'il me semble connaître extraordinairement bien, j'utilise des instruments qui me sont connus et familiers et que je sens bien fermes dans mes mains. Si je fais n'importe quoi d'autre, si j'étudie une langue étrangère, si j'essaie d'apprendre l'histoire ou la géographie ou la sténographie ou si j'essaie de parler en public ou de tricoter ou de voyager, je souffre et je me demande en permanence comment les autres font ces choses, il me semble toujours qu'il doit y avoir une meilleure façon de les faire que les autres connaissent et qui m'est inconnue.  
Le livre Le piccole virtú de Natalia Ginzburg est traduit en espagnol par Celia Filipetto sous le titre Las pequeñas virtudes. C'est de cette version que je fais une traduction libre

jeudi 8 octobre 2015

Les affinités électives

La pregunta "qué es un lector" es también la pregunta sobre cómo le llegan los libros al que lee, cómo se narra la entrada en los textos.*
Ricardo Piglia. El último lector
*La question "qu'est-ce qu'un lecteur" est aussi la question sur comment arrivent les livres à celui qui lit, comment se raconte l'entrée dans les textes. 
Que faut-il savoir des hommes, si ce n'est qu'ils sont (ou non) sentimentaux ?
Des trois que Jonás Trueba appelle Los exiliados románticos, nous n'en saurons pas beaucoup plus. Ont-ils grandi dans le même quartier ? Fréquenté le même lycée ? Ou se sont-ils rencontrés au ciné-club de l'université ? Quoi qu'il en soit, ils partent ensemble en camping-car en France où ils ont, chacun, rendez-vous avec une fille, amour (im)possible, passé ou à venir. 
A Toulouse, c'est Renata que Francesco retrouve. Ils parlent du livre de Natalia Ginzburg qu'elle lui a offert et, plus tard, lors d'un repas à Paris, Renata en récite un passage par coeur 
("En ce qui concerne l'éducation des enfants, je crois qu'il ne faut pas leur enseigner les petites vertus mais les grandes. Pas l'économie mais la générosité et l'indifférence envers l'argent; pas la prudence mais le courage et le mépris du danger; pas la ruse mais la franchise et l'amour de la vérité; pas la diplomatie mais l'amour du prochain et l'abnégation, pas le désir d'avoir du succès mais le désir d'être et de savoir.")*
que Francesco traduit. 

Comment nous arrivent les livres ? Parfois par le cinéma. 
Parce que le livre circulait entre Jules, Catherine et Jim, j'avais lu Les affinités électives de Goethe. 
Et maintenant que j'ai lu le même livre qu'eux, j'en sais davantage sur Francesco et Renata. 

*Le livre Le piccole virtú de Natalia Ginzburg est traduit en espagnol par Celia Filipetto sous le titre Las pequeñas virtudes. C'est de cette version que je fais une traduction libre