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dimanche 16 juin 2013

Rendez vite vos livres, d'autres lecteurs les attendent.
Ménagez-les. Ils sont votre bien commun. 
Ne brisez pas les reliures en pliant le livre à l'envers. 
N'écrivez rien sur les livres. 
Ne cornez pas les pages. 
Signalez les pages décollées. 
Prévenez de votre changement d'adresse.


Plus encore que pour n'importe quel autre livre,
ce sentiment de gratitude envers un éditeur 
quand on a l'impression qu'ils sont peu nombreux
les lecteurs du texte qu'on a entre les mains.

Jodoigne, 27 mars 1979
Dans son calendrier doit aussitôt s'imposer la notion de nuit -une semaine, un mois, une année de nuits. Sans le calendrier le flux du temps doit lui paraître incommensurable et faire obstacle à la claire séparation entre les figures qui reviennent en périodes (périls) réguliers au même point de voûte. Si, d'ordinaire, les mois commencent avec la nouvelle lune elle traverse des époques où elle n'a d'autre rêve que celui de connaître et tous les livres, limites et indices de la vie quotidienne lui paraissent de petits microcosmes juxtaposés ayant la même fin ou la même origine. C'est pourquoi est particulièrement importante l'organisation d'un calendrier qui apporte la stabilité alentour et protège la Maison qui, selon un sens abyssal, pourrait devenir l'univers, et disparaître.
Le plus constant : ne vouloir que regarder avec attention, et lire, passer des jours et des jours à interroger des livres, enfin faire parler avec le temps les moins muets, et atteindre une chose que l'on désire.
Maria Gabriela Llansol. Un faucon au poing. Journal 1. Gallimard

vendredi 14 juin 2013

Le cabinet des rêves 127

Ce que nous vivons, nous le mettons dans les rêves que nous faisons. J'ai dormi d'un seul trait, et j'ai eu un rêve : 
Je circule en tramway, à Lisbonne, et je reconnais peu à peu l'homme assis à côté de moi; mais sa présence me paraît morte, ou lointaine. Avec le temps, sans événements qui puissent être décrits, moi, l'homme et sa femme nous devenons amis. Je suis contente d'avoir vaincu ma répugnance à engager des relations et de jouir de cette compagnie. D'ailleurs, dans la maison de la rue Domingos Sequeira on a remarqué que je sors fréquemment.
Maria Gabriela Llansol. Un faucon au poing (Journal 1).
Je suis chargée de m'occuper des deux filles de G.
Je marche avec elles dans la rue. Je parle plus facilement à l'aînée. A la cadette, je demande son âge en sachant que ça fait plusieurs fois que je l'ai fait sans jamais le retenir. Elle a cinq ans et demi. 
Nous allons ensemble dans un jardin sur le thème de Nemo. Pas un parc d'attraction :  juste un jardin avec des oiseaux et des statues. 
Pour y aller, nous descendons par un autre jardin et je perds de vue les deux filles. 
Au retour, dans un bus, je n'ose m'enquérir de la cadette que je ne vois pas : je me doute qu'il y a un problème, que ce n'est pas normal qu'elle ne soit pas là mais je ne me souviens même pas comment elle s'appelle (Charline). 
Des hommes en cravate me font remarquer qu'il était totalement inconscient de laisser une petite fille de cet âge seule pendant une heure par un temps pareil. En fait, on me dit qu'elle est restée seule pendant huit minutes et quelques secondes dans le premier jardin traversé et que, du coup, elle a été gelée profondément. 

Rêve du 5 juin 2013