Affichage des articles dont le libellé est Pascal Quignard. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Pascal Quignard. Afficher tous les articles

dimanche 8 mars 2015

"Prenons par la rive gauche"


Les mots avec lesquels tu inauguras notre journée dans la ville sans fleuve, me firent penser à ceux que je t'avais lus plus tôt dans la semaine (1) mais aussi à ceux, beaucoup plus flous dans mon souvenir (2), de Pascal Quignard.
Ces mots suffirent à donner à nos pas l'impulsion de l'inattendu et c'est ainsi que l'on nous vit rencontrer S. (3), boire un earl grey au Rialto living, mais aussi parler du roi dans le plus improbable des endroits. (4)



(1)
Peu après, dans une des vieilles plantations françaises, la femme, ma cliente, me dit qu'elle a déjà oublié tous les autres fleuves mais qu'elle se souvient tout de même de la Seine, ainsi, nous parlons de la Seine un bon moment. Des ponts et des promenades à côté de l'eau et je me rends compte rapidement qu'il n'y a rien de plus triste que de parler d'un fleuve qu'on ne peut pas voir. 
Traduction libre d'un extrait de Tokyo ya no nos quiere de Ray Loriga.

(2)
Puisqu'ils concernaient le Léthé, faut-il s'en étonner ? Une fois rentrée, j'ai pu les relire ici.

(3)
Tu te souviens de lui ? me demandas-tu une fois que nous l'avons eu quitté.
Oui, je m'en souvenais : tu m'avais dit ne plus l'avoir croisé depuis des années, tu m'en avais parlé le matin de la nuit où tu avais rêvé de lui

(4)

mercredi 17 juillet 2013

En attendant...

En attendant, je réserve des places pour des concerts auxquels je n'assisterai pas, je visite des expositions de photos.
En attendant, je remets de l'eau à chauffer(1), j'achète du lait de soja dans le supermarché qui ne diffuse que des chansons des années 80 qui donnent envie de danser.

En attendant, je vais lire(2) au mirador,












je chante avec Mendelson (3),
je fais tourner la tête d'un braque de Weimar,
je partage la facture d'électricité du jeune homme qui rit quand je lui dis Boa tarde.


(1)Junichirô Tanizaki aimait la pénombre que développe le thé dans son monde chaud et liquide.
Et les couleurs que la petite feuille roulée déploie en filaments dans l'eau avant de s'y mêler. Et le déchet rougeâtre et à certains égards automnal qui vient peu à peu gésir au fond du bol de porcelaine.
Pascal Quignard. Les ombres errantes

(2)-Avez-vous les dernières affiches de Air-Argentine ?
-Peut-être, je ne sais plus. 
-Ils recommandent leurs avions en disant que nous nous y sentirons comme chez nous. Je ne conçois rien de plus horrible que de monter dans un avion et d'avoir l'impression que je suis encore dans ma maison.
-On doit y servir du maté avec des côtelettes et des spaghetti, au son plaintif des bandonéons. 
-Toutes choses parfaites à Buenos Aires et tant qu'on a la possibilité de les éviter. 
Julio Cortàzar. Les gagnants

(3)"Nous on marche dans la lumière, nous on a besoin de rien d'autre que nous deux"