As-tu remarqué le couple de vieux Anglais qui s'est installé, pendant que le générique du film se déroulait encore sur l'écran ? Je me demande si, comme nous, ils ont été seuls dans la salle tout le temps de la projection. Mais je parierais que le film qu'ils avaient choisi de voir, eux, ne leur a pas inspiré le projet d'aller boire du vin à la biblioteca de Babel et de parler de la conception de l'amour de Ortega y Gasset, comme nous l'avons fait.
Affichage des articles dont le libellé est José Ortega y Gasset. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est José Ortega y Gasset. Afficher tous les articles
dimanche 13 mars 2016
"Alors que dans toutes les autres circonstances de la vie, rien ne nous répugne autant que de voir les frontières de notre existence individuelle franchies par un autre être, le plaisir de l'amour consiste à se sentir métaphysiquement poreux à une autre individualité, en sorte de ne trouver satisfaction que dans la fusion des deux individualités, dans une "individualité à deux".*
samedi 6 février 2016
Yo soy yo y mi circunstancia* (Ser ou estar, telle est la question)
Vous, oui vous. Vous qui parlez français, à qui il arrive de dire que la soupe est un peu trop chaude, que la soupe de votre mère est la meilleure de toutes, que vos enfants sont grands, qu'ils sont en colère contre l'injustice, vous qui dites du temps qu'il est particulièrement doux cet hiver, qu'il est variable au printemps, que votre chat est bien capricieux aujourd'hui !, enfin… les autres jours aussi !, enfin… pas autant que ça quand même !, qui dites de votre neveu qu'il est étudiant, de l'un de vos cousins qu'il est chômeur de longue durée, de votre ancien boulanger qu'il est retraité, de votre belle-soeur qu'elle est buraliste, vous qui dites que l'herbe est verte, qu'elle est plus verte chez le voisin, qu'elle est rudement verte à Wimbledon dis donc, on voit qu'il pleut souvent là-bas !, qui dites que vous êtes prêt, que vous êtes prêt à tout, que l'actualité est déprimante, que oui, merci, c'est tout ce qu'il vous faut...
Sachez qu'en espagnol, il existe deux verbes pour signifier être, que l'un -ser- exprime l'essence, la nature et que l'autre -estar- exprime davantage ce qui est circonstanciel.
Comprenez-vous pourquoi j'ai parfois l'impression de suivre des cours de philosophie plutôt que des cours de langue ?
*
("Je suis moi et ma circonstance")
José Ortega y Gasset
mercredi 4 novembre 2015
L'identification (9 : ma vie circonstancielle)
J'ai cherché sur internet des citations de Ortega y Gasset dont je pensais, à une autre époque, qu'il s'agissait de deux personnes comme Deleuze et Guattari, Calvin et Hobbes.*
*Saliendo de la estación de Atocha est un roman américain de Ben Lerner que je lis dans sa version espagnole grâce à la traduction de Cruz Rodríguez Juiz. Il existe en français, traduit cette fois par Jakuta Alikavazovic et publié aux éditions de l'olivier.
J'avais emprunté le recueil de nouvelles de José Luis de Juan pour son titre La vida privada de los verbos et comme je lisais encore mal l'espagnol, j'avais passé, finalement, plus de temps à imaginer ce que, moi, j'aurais écrit pour chacun des verbes de la table des matières.
J'en avais, cependant, cité un extrait et, surtout, j'avais retenu la maxime de Ortega y Gasset que j'y avais trouvée :
JE SUIS MOI ET MA CIRCONSTANCE
A faire le tour de ma circonstance, j'avais préféré la renommer de ce terme dont l'ambiguïté dit à la fois et tout aussi bien les pieds coulés dans le béton armé et la capacité à agir :
DéTERMINATION
jeudi 12 février 2015
La vie des pages (17)
Les premiers mots que j'ai appris en espagnol, la maxime de Ortega y Gasset, qui se rapproche de la déclaration d'un samurai :
JE SUIS MOI ET MA CIRCONSTANCE.
J'aimais répéter cette phrase. Je l'avais écrite au stylo sur sa table de lecture et, à côté, les kanjis de la traduction japonaise.
José Luis de Juan. La vida privada de los verbos.
Si on les écoute, les livres nous guident dans les allées autrement qu'en suivant l'ordre alphabétique.
Le poète commence là où finit l'homme. Le destin du second est de vivre son itinéraire humain. La mission du premier d'inventer ce qui n'existe pas. C'est ainsi que se justifie le métier du poète. Le poète accroit le monde, ajoutant au réel, qui existe déjà par lui-même, un continent irréel. Auteur vient de auctor, celui qui accroit. Les Latins appelaient ainsi le général qui gagnait un nouveau territoire pour la patrie.José Ortega y Gasset. La déshumanisation de l'art.
Inscription à :
Articles (Atom)



