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dimanche 31 août 2014

Heroes

Depuis mon transat, sur la terrasse, je regarde le donjon, de l'autre côté de la baie, tout en haut du sommet que tu m'as dit avoir grimpé en courant dans tes "temps de gloire". (1)

J'aime penser à vous : le gros chien jaune(2) encore adolescent, attiré par les chèvres et toi, ta silhouette gracile, le déhanché de ta course que je connais depuis toujours.(3) J'aime penser à vous sur les flancs d'une montagne car je sais que c'est là que tu as retrouvé la mémoire de moi.

(1) Il y a aussi celles que tu appelles tes années "de purgatoire" mais ça, c'est une autre histoire.

(2)













(3) Et l'autre jour où tu avais oublié tes clefs, non : pas hier ! pas la semaine dernière non plus ! un autre jour où tu étais allé les rechercher : c'est vers moi que tu courais mais c'est pourtant seulement de dos que je t'avais vu, que j'avais reconnu ta foulée d'avant, dans le reflet de la porte vitrée.

mercredi 17 juillet 2013

En attendant...

En attendant, je réserve des places pour des concerts auxquels je n'assisterai pas, je visite des expositions de photos.
En attendant, je remets de l'eau à chauffer(1), j'achète du lait de soja dans le supermarché qui ne diffuse que des chansons des années 80 qui donnent envie de danser.

En attendant, je vais lire(2) au mirador,












je chante avec Mendelson (3),
je fais tourner la tête d'un braque de Weimar,
je partage la facture d'électricité du jeune homme qui rit quand je lui dis Boa tarde.


(1)Junichirô Tanizaki aimait la pénombre que développe le thé dans son monde chaud et liquide.
Et les couleurs que la petite feuille roulée déploie en filaments dans l'eau avant de s'y mêler. Et le déchet rougeâtre et à certains égards automnal qui vient peu à peu gésir au fond du bol de porcelaine.
Pascal Quignard. Les ombres errantes

(2)-Avez-vous les dernières affiches de Air-Argentine ?
-Peut-être, je ne sais plus. 
-Ils recommandent leurs avions en disant que nous nous y sentirons comme chez nous. Je ne conçois rien de plus horrible que de monter dans un avion et d'avoir l'impression que je suis encore dans ma maison.
-On doit y servir du maté avec des côtelettes et des spaghetti, au son plaintif des bandonéons. 
-Toutes choses parfaites à Buenos Aires et tant qu'on a la possibilité de les éviter. 
Julio Cortàzar. Les gagnants

(3)"Nous on marche dans la lumière, nous on a besoin de rien d'autre que nous deux"