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jeudi 8 octobre 2015

Les affinités électives

La pregunta "qué es un lector" es también la pregunta sobre cómo le llegan los libros al que lee, cómo se narra la entrada en los textos.*
Ricardo Piglia. El último lector
*La question "qu'est-ce qu'un lecteur" est aussi la question sur comment arrivent les livres à celui qui lit, comment se raconte l'entrée dans les textes. 
Que faut-il savoir des hommes, si ce n'est qu'ils sont (ou non) sentimentaux ?
Des trois que Jonás Trueba appelle Los exiliados románticos, nous n'en saurons pas beaucoup plus. Ont-ils grandi dans le même quartier ? Fréquenté le même lycée ? Ou se sont-ils rencontrés au ciné-club de l'université ? Quoi qu'il en soit, ils partent ensemble en camping-car en France où ils ont, chacun, rendez-vous avec une fille, amour (im)possible, passé ou à venir. 
A Toulouse, c'est Renata que Francesco retrouve. Ils parlent du livre de Natalia Ginzburg qu'elle lui a offert et, plus tard, lors d'un repas à Paris, Renata en récite un passage par coeur 
("En ce qui concerne l'éducation des enfants, je crois qu'il ne faut pas leur enseigner les petites vertus mais les grandes. Pas l'économie mais la générosité et l'indifférence envers l'argent; pas la prudence mais le courage et le mépris du danger; pas la ruse mais la franchise et l'amour de la vérité; pas la diplomatie mais l'amour du prochain et l'abnégation, pas le désir d'avoir du succès mais le désir d'être et de savoir.")*
que Francesco traduit. 

Comment nous arrivent les livres ? Parfois par le cinéma. 
Parce que le livre circulait entre Jules, Catherine et Jim, j'avais lu Les affinités électives de Goethe. 
Et maintenant que j'ai lu le même livre qu'eux, j'en sais davantage sur Francesco et Renata. 

*Le livre Le piccole virtú de Natalia Ginzburg est traduit en espagnol par Celia Filipetto sous le titre Las pequeñas virtudes. C'est de cette version que je fais une traduction libre

lundi 15 juillet 2013

En attendant...

Le plus grand plaisir que je continue à éprouver même quand je suis malheureux, que je me suis encore mis dans l'impasse que j'peux plus bouger y 'a un truc qui vieillit pas, c'est l'étonnement quand j'mets ma main dans la culotte d'une fille que j'connais pas pour la première fois. A chaque fois ça fait peur c'est toujours différent et puis c'est tellement bizarre. C'est pas du donjuanisme parce que j'ai pas couché avec tant d'filles que ça mais c'est ce moment-là qui fait que tu sens qu't'es en vie.
Les gens bidonnent, te racontent que c'est toujours pareil qu'un con est un con, que les garçons c'est différent et qu'les filles c'est pareil. Les filles c'est tellement précisément différent à chaque fois. C'est pas seulement de l'infidélité : y'a des filles, même si tu les connais, hein, à chaque fois que tu mets la main, tu sens qu'c'est bizarre, c'est pas gagné. 
C'est dur à expliquer. Si tu parles de ça aux gens, ils te disent : "eh ça va ! Tu peux commencer à t'habituer quand même, c'est infantile". Ou alors ils se moquent : "Tu dois pas être une bonne affaire au lit", ce qui est tragiquement drôle quand on sait comment la plupart des gens baisent quand même ! Tu vois cette réaction des gens qui font la moue genre "ouais, j'espère que t'as mieux dans la vie" alors que tu sais qu'les gars ils ont rien de mieux dans la vie, même pas ça !
Mais c'est ça l'plus grand plaisir : le moment où je sens qu'la vie ça vaut tellement la peine. Même si c'est trop cher payé.
C'est pas Heidegger qui monte sur sa putain d'montagne ou je sais pas quoi... Non c'est : le visage de la fille, toi qui as un peu peur, qui repousses l'élastique, le début du ventre, tu vois ?
Crois pas les gens qui te disent : "eh ça va ! Renonce à ça, y' a mieux !" Y'aura rien d'mieux dans la vie ! T'as intérêt à t'en satisfaire ! Et c'est déjà pas mal. 
En attendant, je revois Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) de Arnaud Desplechin qui offre aux filles l'accès aux pensées intimes des garçons et rappelle l'époque où la voix off, n'étant pas un procédé si fréquent, faisait encore penser aux films de Truffaut.
En attendant, je vois A Batalha de Tabatô, un film lent et beau de João Viana où la mariée n'est pas en noir mais en sang.